Les Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus

 
 

La vocation des Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus est de découvrir et manifester l’amour du Cœur de Jésus. Elles vivent leur mission au plus près des besoins des hommes et des femmes des sociétés contemporaines. Actives au sein de structures sociales, médicales, éducatives, caritatives, etc., elles portent tout particulièrement le souci de la croissance intégrale de la personne.

La spiritualité du Sacré-Cœur

« Découvrir et manifester l’amour du cœur du Christ »

À la suite de leur Fondatrice, sainte Madeleine-Sophie Barat, les Religieuses du Sacré-Cœur de Jésus cherchent à vivre d’un même esprit et à annoncer l’Évangile. De tradition ignatienne, leur vie s’enracine dans la contemplation. Rassemblées en communauté, elles désirent que leur vie communautaire soit un modèle prophétique de vie ensemble.


Madeleine Sophie Barat

Une bourguignonne et une femme dotée d’une culture peu commune

Par soeur Monique Luirard

Madeleine-Sophie est une bourguignonne, née le 13 décembre 1779, dans une famille d’artisans tonneliers. Elle était la dernière de trois enfants. Louis, l’aîné, né en 1768, se destinait à l’Église. Ses projets furent différés par la Révolution. Après bien des difficultés, il fut ordonné prêtre clandestinement en septembre 1795 et entra dans la Compagnie de Jésus, lorsque celle-ci fut rétablie sous la Restauration. La seconde, Marie-Louise, se maria en 1793 : elle eut dix enfants.

Grâce à sa mère qui s’intéressait aux modes culturelles du temps, mais surtout à son frère Louis qui, en attendant d’être ordonné prêtre, était professeur au collège de Joigny, Sophie reçut une éducation exceptionnelle pour une jeune fille de son temps. Elle fut initiée aux matières profanes et religieuses et apprit les langues anciennes et modernes. Commencée à Joigny, sa formation se poursuivit, sous la direction de Louis, à Paris, où elle arriva à l’automne de 1795.

Une femme à la foi vive, une fondatrice

Pieuse, la jeune Sophie, dès l’enfance, décida de se consacrer à Dieu. Sa famille était comme beaucoup à Joigny, janséniste. Sous l’influence de Louis, à l’extrême fin du règne de Louis XVI, Madeleine-Sophie Barat fut profondément marquée par la Révolution, en qui elle vit toujours un régime qui, en désorganisant puis en interdisant le culte, en entravant l’enseignement de la foi et en pourchassant les prêtres, avait voulu attenter aux droits de Dieu. Elle souffrit, comme toute sa famille, du sort réservé à Louis Barat. Après avoir rétracté son serment de fidélité à la Constitution Civile du Clergé en 1792, Louis fut incarcéré à Paris et échappa par miracle à la guillotine, grâce à la chute de Robespierre.

Sous le Directoire, Sophie Barat commença, dans la prière, à envisager une congrégation féminine nouvelle qui, pour honorer le Cœur du Christ et pour diffuser l’amour de Dieu, se consacrerait à l’éducation des jeunes filles. Ce projet prit forme grâce au Père Varin que son frère Louis lui fit rencontrer vers 1800. Joseph Varin lui parla, d’une congrégation récemment fondée, les « Dilette di Jesu », qui avait des objectifs proches des siens.

Le 21 novembre 1800, Sophie Barat prononça à Paris ses premiers vœux. L’année suivante, l’activité apostolique du nouvel institut démarra grâce à l’établissement, à Amiens, d’un premier pensionnat de jeunes filles.

Dès 1804, pour des raisons politiques, la maison d’Amiens se sépara des « Dilette di Jesu ». La même année, Madeleine-Sophie Barat avait été désignée comme supérieure des Dames de l’Instruction Chrétienne, nom qui fut celui de la congrégation jusqu’en 1815, puisqu’il était impossible de faire référence au Sacré-Cœur, compris, depuis les guerres de Vendée, comme un symbole contre-révolutionnaire.

La nouvelle congrégation commençant à essaimer, Sophie Barat fut, en 1806, nommée Supérieure Générale, charge qu’elle devait conserver jusqu’à sa mort. Désormais, l’histoire de Madeleine-Sophie se confond avec celle de sa congrégation.

La Fondatrice voyage à travers la France, puis l’Europe. Elle fonde de nouvelles communautés. Elle définit les activités par lesquelles sa congrégation va se manifester dans le monde pour donner corps au désir de découvrir et manifester l’amour du Cœur du Christ. Des pensionnats, des écoles gratuites sont ouverts. Puis des établissements divers adaptés aux besoins du temps ou des sociétés locales sont créés par les Religieuses du Sacré-Cœur. Mère Barat organise aussi l’œuvre des « retraites », offrant un accompagnement spirituel à des femmes mariées ou non. Pendant toute sa vie, elle mobilise les énergies, soutient les efforts des religieuses par une correspondance géante.

Dès 1818, la Société du Sacré-Cœur fonde hors de France. Philippine Duchesne, canonisée en 1988, part pour les États-Unis. La congrégation est, la même année, appelée en Italie.

Une femme courageuse

Madeleine-Sophie Barat s’est montrée capable d’affronter l’adversité. Des révolutions ou la venue des libéraux en Italie et en Suisse ont provoqué l’expulsion des Religieuses du Sacré-Cœur. Au sein de sa congrégation, la Fondatrice a été aux prises avec une contestation qui s’est manifestée à deux reprises entre 1809 et 1815 et entre 1839 et 1843. Dans les deux cas, les dissensions portaient sur la spiritualité du Sacré-Cœur et sur la forme de vie religieuse que la Mère Barat avait voulu instaurer. Chaque fois, Madeleine-Sophie a fait face, avec simplicité et humilité, tenant dans les épreuves grâce à une prière profondément enracinée en Jésus-Christ, sachant à la fois pardonner et maintenir son œuvre dans l’esprit des origines.

Une femme ouverte aux besoins de son temps

Attentive à y répondre de son mieux, la Fondatrice du Sacré-Cœur a travaillé à donner aux femmes un rôle de premier plan pour la reconstitution du tissu social. Elle a aussi révélé de remarquables qualités relationnelles, manifestant de l’aisance aussi bien avec les grands de ce monde qu’avec les enfants et leurs familles. Les plus pauvres savaient trouver auprès d’elle accueil et soutien.

Cette femme, qui, dans son adolescence, avait rêvé de la vie du Carmel, sut concilier, au cours de sa longue vie, action et contemplation. Elle a créé une vie apostolique nouvelle fondée sur l’intériorité et l’union au Cœur de Jésus.

Madeleine-Sophie mourut à Paris, dans la maison mère du Boulevard des Invalides, le 25 mai 1865, en la fête de l’Ascension. Elle fut béatifiée en 1925. Longtemps conservée à Bruxelles, rue de l’Abondance, la châsse de Madeleine-Sophie a rejoint Paris le 19 juin 2009. Elle est présente en l’église Saint-François-Xavier dans le VIIe arrondissement.